L’infonuagique rend la juridiction moins visible qu’à l’époque où les organisations exploitaient leurs propres serveurs. Un même service peut faire intervenir plusieurs pays et plusieurs entreprises.
- Le site est servi depuis un centre de données canadien.
- Des administrateurs ou des employés du soutien travaillent depuis un autre pays.
- Les sauvegardes, journaux ou données de télémétrie sont stockés ailleurs.
- Une plateforme mondiale de sécurité ou d’identité peut accéder à une partie du service.
- Le fournisseur est ultimement contrôlé par une société mère située dans une autre juridiction.
Pourquoi la souveraineté est importante
Les organisations canadiennes portent de nouveau une attention particulière à la souveraineté des données parce que l’infonuagique rend la juridiction moins visible qu’à l’époque où les organisations exploitaient leurs propres serveurs. Un site peut être servi depuis Toronto, administré depuis un autre pays, sauvegardé ailleurs, surveillé par une plateforme de sécurité mondiale et appartenir à une société mère située dans une autre juridiction.
La question devient surtout importante lorsque l’information est sensible, que le service est critique ou qu’une organisation a des exigences contractuelles, réglementaires ou internes sur l’endroit où l’information peut être traitée. Les gouvernements, les soins de santé, l’éducation, les services juridiques, les services financiers et les infrastructures essentielles ont souvent plus d’éléments à considérer qu’un simple site vitrine.
Souveraineté et sécurité ne sont pas la même chose
Une erreur courante consiste à supposer qu’un serveur appartenant à une entreprise canadienne est automatiquement plus sécuritaire qu’un grand fournisseur infonuagique international. Ce n’est pas nécessairement vrai. Les grandes plateformes infonuagiques peuvent avoir une ingénierie de sécurité mature, une surveillance étendue, de grandes équipes d’intervention et de solides mesures de sécurité physique. Un petit fournisseur canadien peut malgré tout être mal configuré ou mal géré.
L’inverse est aussi vrai. Une excellente cybersécurité n’élimine pas l’exposition à une juridiction. Une plateforme peut être extrêmement bien protégée contre les criminels tout en demeurant assujettie à des ordonnances d’accès légal provenant d’un gouvernement qui a compétence sur le fournisseur.
La sécurité demande si l’accès non autorisé peut être empêché. La souveraineté demande qui peut avoir l’autorité légale ou opérationnelle d’accéder au système.
Un principe d’achat utile
Ne choisissez pas entre « sécurité » et « souveraineté ». Pour les charges de travail importantes, évaluez les deux. Le meilleur fournisseur est celui qui répond à vos besoins de sécurité, à vos obligations juridiques, à vos exigences opérationnelles et au niveau de risque juridictionnel que vous êtes prêt à accepter.
La résidence peut aussi être une exigence interne
Même lorsqu’une loi n’exige pas un stockage exclusivement canadien, une organisation peut imposer sa propre règle de résidence par une politique interne, des conditions d’approvisionnement, des engagements envers ses clients ou des contrats sectoriels. Les universités, organismes publics, cabinets professionnels et grandes entreprises exigent parfois un stockage au Canada parce que cela simplifie la gestion du risque ou répond aux attentes des parties prenantes.